Hadopi et le streaming
Adoptée hier par le gouvernement après « une saga que la filière n'est pas prête d'oublier », la loi favorisant la protection de la création sur internet continue de diviser, y compris au sein de la communauté des artistes. L'Adami, qui gère les droits de près de 100 000 artistes-interprètes, regrette ainsi que les « amendements faisant référence à la rémunération des artistes aient systématiquement été rejetés par tous les groupes parlementaires ». Pour la société de gestion collective, la loi Création et Internet « apporte l'illusion d'une réponse définitive au problème du piratage » mais « fait l'impasse sur l'essentiel ».
Certes la loi « favorise le développement de l'offre légale », mais la diffusion légale d'une chanson par le biais d'un site de streaming ne rapporterait que 0,1 centime d'euro à son interprète. Il faut ainsi qu'une chanson soit diffusée 100 000 fois pour qu'elle rapporte 100 euros à son interprète. Et l'Adami de conclure que « Internet ne rémunère pas la création ».
L'Adami prévient « qu'on ne pourra pas faire longtemps l'impasse sur la question de la rémunération des interprètes, sans lesquels aucun film et aucune chanson n'existent », et appelle ainsi à « préparer l'après Hadopi ». Il s'agit « d'adapter le droit au nouveau contexte ».
Hadopi... encore et toujours
Finalement, l'inceste passera avant le droit d'auteur. Vraisemblablement conscient qu'un nouveau bouleversement du calendrier parlementaire ne servirait pas les intérêts du gouvernement, le président du groupe UMP Jean-François Copé a annoncé mercredi, en fin d'après-midi, que l'examen de la loi « Création et Internet » - ou Hadopi - reprendrait à l'Assemblée nationale le 29 avril prochain, au lendemain de la rentrée parlementaire.
Précédemment, Jean-François Copé avait « proposé de renoncer au texte sur l'inceste prévu dans la semaine d'initiative parlementaire, à partir du 28 avril », afin que l'examen de la loi Hadopi soit avancé à cette date. Il a finalement été décidé que les députés consacreraient à l'inceste la journée du 28 avril - deux jours étaient initialement prévus - pour reprendre le 29 les débats sur la défense de l'industrie culturelle à l'heure d'Internet. Ce calendrier sera soumis au vote des députés le 28.
A moins d'un refus, peu plausible, l'Assemblée reprendra donc l'examen du texte qu'elle avait elle-même approuvé début avril, avant que ce dernier ne parte entre les mains de la Commission mixte paritaire. La loi est ensuite revenue entre les mains des députés qui, à la surprise générale, ont rejeté le texte le 9 avril dernier, par seulement 21 voix contre 15.
Christine Albanel et l'Elysée avaient alors regretté les « manœuvres dérisoires » de députés socialistes entrés dans l'hémicycle pour faire basculer le vote à main levée. Vendredi, la ministre de la Culture était même allée jusqu'à mettre sa démission dans la balance, affirmant qu'elle quitterait son poste si le texte n'était pas représenté.
La voici rassurée... pour l'instant : passé relativement inaperçu lors des premiers débats au Sénat, le texte cristallise aujourd'hui certaines tensions au sein de la majorité. Dernier épisode en date : le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, vient de proposer que soit sanctionné l'absentéisme parlementaire.
Worm pour les routeurs Linux
La société DroneBL, spécialisée dans la surveillance des réseaux, a identifié l’apparition d’un ver ciblant les routeurs basés sur une architecture Mipsel et utilisant Linux. Une fois infectés, ils intègrent un réseau de botnets aptes à lancer des attaques par déni de service.
Suite à une attaque par déni de service il y a deux semaines sur ses serveurs, la firme de sécurité DroneBL a remonté la piste des machines qui l'ont attaquée pour tomber sur un nouveau type de ver : il cible exclusivement les routeurs et autres modems utilisant une architecture Mipsel et un OS linux. C'est le cas, par exemple, de routeurs Linksys WRT-54G avec des firmware alternatifs type OpenWRT.
Pour que ce ver, que DroneBL a baptisé « psyb0t », soit susceptible de prendre le contrôle d'un périphérique plusieurs conditions doivent être réunies : le modem, routeur ou autre périphérique réseau doit fonctionner sous Linux, utiliser une architecture Mipsel, offrir un accès à son interface de commande depuis Internet (via Telnet, SSH ou une interface Web) et être insuffisamment sécurisé, c'est-à-dire avec une interface protégée par des mots de passe faibles.
Ces conditions réunies, psyb0t peut prendre le contrôle de l'appareil, bloquer les ports 22, 23 et 80, empêchant ainsi l'accès à son interface de son utilisateur légitime, et se joindre à un réseau d'autres modems et routeurs « zombies » capables de lancer des attaques massives DDOS.
Pour s'en débarrasser, DroneBL conseille de faire un « hard reset » de son périphérique, puis de changer le mot de passe administrateur et de lui installer la dernière version de son firmware disponible.
Premier ver de ce type à faire son apparition sur la Toile, psyb0t aurait déjà infecté plus de 100 000 périphériques dans le monde, selon DroneBL.
Navigateur et Web 3D bientôt possible ?
La fondation Mozilla et Google ont annoncé avoir rejoint le groupe Khronos spécialisé dans l'accélération graphique. Ils voudraient ainsi dynamiser l'Internet au travers d'effets 3D.
Les développeurs de Firefox et de Chrome devraient donc travailler conjointement sur une interface de programmation faisant office de standard qui sera dévoilée au public l'année prochaine. Cette interface baptisée Accelerated 3D for Web pourra alors être utilisée dans d'autres navigateurs.
Plusieurs développeurs ont d'ores et déjà annoncés que l'utilisation de Javascript couplée à celle d'OpenGL sera un plus indéniable et ouvrira de nouvelles portes.
1 milliards d'internautes
L'institut ComScore a annoncé aujourd'hui que plus d'un milliard de personnes disposeraient d'ores et déjà d'une connection internet.
Et ce sont les asiatiques qui représente la plus grande part du marché avec 41% des internautes mondiaux, détronant les Etats Unis qui sont aujourd'hui à la 3ième place avec 25% des internautes. En seconde place, on retrouve bien évidemment les Européens avec 27%.
Magid Abraham, PDG de ComScore, a également annoncé que le record des 2 et 3 milliards seraient très bientot franchis, notamment grace à l'émergence de la Chine et de l'Asie.
Prochain record à suivre donc...
Lorsque le Peer To Peer sauve l'économie...
Le P2P ne serait-il finalement pas le monstre que décrivent les industries de la musique, du cinéma ou du logiciel ? Dans une etude de 142 pages, réalisée pour le compte du gouvernement hollandais, la société TNO en arrive à la conclusion que le téléchargement illégal sur les réseaux d'échange de fichiers frappe dans un premier temps de façon négative les recettes des industries concernées, mais se révèle, à moyen ou long terme, un bienfait pour l'économie.
En ce qui concerne la musique, on pratique bien sûr aux Pays-Bas, comme dans le reste de l'Europe, le téléchargement. Selon TNO, pour chaque titre acheté sur une plateforme telle qu'iTunes, 7,5 morceaux seraient récupérés sur les réseaux P2P, et seuls 2,3% de la population auraient payé pour télécharger des contenus en ligne sur les douze derniers mois. En revanche, ils seraient 35% à avoir déjà téléchargé illégalement de la musique. Un préjudice bien réel ?
Pour temporiser les études qui dénoncent les méfais du piratage, les partisans du P2P rappellent bien souvent qu'un morceau, un album ou un logiciel téléchargé n'aurait pas forcément été acheté par l'internaute, et soulignent en outre que certains se servent du téléchargement illégal pour découvrir des nouveautés qu'ils iront par la suite se procurer légalement. Un avis que partage TNO, qui remarque que ceux qui téléchargent le plus sont bien souvent ceux qui achètent le plus, notamment pour ce qui est des jeux vidéo. L'amateur de P2P serait également plus enclin à se rendre dans des salles de concert.
Partant de ce constat, TNO estime qu'en l'état actuel des choses, l'acte d'achat ne deviendrait pas plus fréquent si l'on interdisait à l'internaute de télécharger gratuitement sur le Net. Le cabinet va plus loin, allant jusqu'à conclure les quelque cent millions d'euros de préjudice que représentent le piratage pour les industries concernées est compensé, à hauteur de deux cents millions d'euros, par le pouvoir d'achat indirect que représente l'économie des biens téléchargés et l'envie d'acquérir des contenus découverts via le P2P.
Un virus contre The Pirate Bay et Mininova
Le 2 janvier, le laboratoire en sécurité Sophos a découvert un virus baptisé Troj/Qhost-AC qui bloque l'accès à plusieurs sites dont celui de The Pirate Bay et celui de Mininova.
TorrentFreak rapporte que le malware est distribué sous forme d'un leurre auprès des personnes tentant de télécharger illégalement un logiciel accompagné d'un générateur de licences électroniques. Seulement, plutôt que de fournir une clé d'activation du logiciel, le keygen modifie le fichier host de l'ordinateur; un document au travers duquel il est possible de gérer les adresses IP prioritaires lorsque l'ordinateur tente d'accéder à une adresse Internet. Ainsi les sites de Mininova, Suprbay et de The Pirate Bay sont redirigés vers l'IP 127.0.0.1, ce qui signifie que les pages ne se chargent jamais. En plus de manipuler le fichier host, le cheval de Troie envoie des popups à l'écran ainsi qu'un son clamant : « downloading is wrong ».
Rassurez-vous, les risques liés à ce virus sont minimes.
The Pirate Bay de nouveau interdit...
En février dernier, au Danemark, une décision de justice avait obligé le fournisseur d'accès à Internet Sonofon, filiale de Télé2, a filtrer l'accès au site de partage de fichiers torrent The Pirate Bay. Aujourd'hui, la cour d'appel du Danemark a confirmé cette décision et ce sont plus de 2 millions d'internautes qui pourraient ne plus pouvoir accéder au site web.
Depuis plusieurs mois, l'IPFI (la fédération internationale de l'industrie phonographique) tente de bloquer l'accès au site The Pirate Bay. Cet été, le procureur Giancarlo Mancusi avait ordonné les FAI du pays à filtrer le site sur une liste noire. Face à cette décision, les éditeurs de Pirate Bay n'hésitèrent pas à comparer ces actions à celles de fascistes, puis gagnèrent leur appel quelques semaines plus tard. En Suède, le 31 janvier 2008, le parquet suédois a déposé une plainte pour contre-façon; des accusations face auxquelles The Pirate Bay se défend en avançant qu'aucun contenu n'est hébergé sur ses serveurs. Quelques mois auparavant, la police suédoise avait accusé The Pirate Bay d'accueillir du contenu pédophile. Face à ces attaques, les éditeurs du site avaient répondu : « l'idée générale, c'est que la police cherche à nous censurer afin de se plier aux demandes des hautes instances suédoises sans raison valable. Nous n'hébergeons aucun contenu ! Il n'y a jamais eu de contenu pédophile sur The Pirate Bay. »
De son côté, le fournisseur d'accès à Internet Télé2 n'entend pas en rester là et a décidé de porter l'affaire jusqu'à la cour suprême du Danemark.
Licenciement chez Google
En dévoilant ses résultats pour le troisième trimestre de l'année 2008, Google indiquait sans préciser équilibrer ses coûts de fonctionnement. D'après des sources du magazine californien WebGuild, sous cette bien jolie formule se cacheraient en fait jusqu'à 10 000 licenciements. En apparence inébranlable, le géant de l'Internet commence à montrer quelques signes de faiblesse, à l'instar de son concurrent Yahoo, en difficultés depuis quelques mois déjà.
Google emploie officiellement un peu plus de 20 000 salariés, auxquels doivent en fait s'ajouter 10 000 employés temporaires (intérimaires et équivalents de contrats à durée déterminée) qui, en étant renouvelés ou en changeant de poste régulièrement, ne sont pas comptabilisés dans le décompte officiel. La société a ainsi pu rester discrète au sujet des licenciements puisqu'elle n'est tenue de communiquer que ceux qui proviennent de ses effectifs permanents. Elle aurait déjà pu licencier discrètement plusieurs centaines d'employés temporaires, d'après les sources de WebGuild.
Face au contexte de crise économique qui touche tout particulièrement la publicité, sa principale source de revenus, le leader de la recherche aurait décidé de réduire le nombre de ces employés. Contactée par la presse spécialisée américaine, la porte parole Jane Penner a refusé d'indiquer en détails combien de postes seraient concernés, admettant toutefois qu'il était « prévu depuis un moment de réduire significativement ce nombre. »
Le géant de l'Internet est finalement moins épargné par le ralentissement économique qu'il n'y parait, en témoigne la fermeture de certains projets annexes comme le monde virtuel Lively. Reste à voir comment la bourse va réagir.
Un spammeur condamné à payer plus de 800 millions de dollars
Facebook a obtenu vendredi dernier la condamnation d'un spammeur canadien et de sa société pour avoir envoyé plus de quatre millions de spams par le biais du système de messagerie interne au réseau social. Adam Guerbuez et sa société Atlantis Blue Capital ont ainsi été condamnés à lui verser 873 millions de dollars.
Adam Guerbuez aurait utilisé frauduleusement les comptes d'un certain nombre d'utilisateurs pendant plusieurs mois pour vendre de la drogue et du viagra, avant que Facebook ne porte plainte au mois d'août dernier. Au terme de quatre mois de procédure, la justice américaine a reconnu l'accusé coupable. Le tribunal de San Jose (Californie) a estimé qu'il avait violé la loi contre la pornographie et la publicité non sollicitée (CAN-SPAM) et l'a condamné à 436,2 millions de dollars pour cette raison en plus de 436,2 millions de dollars de dommages.
« Facebook s'attend-il à obtenir rapidement 873 millions de dollars et à les partager d'une manière ou d'une autre avec ses utilisateurs ? » s'interroge Max Kelly, directeur de la sécurité de Facebook, qui s'indigne : « Hélas, non ». Il ajoute néanmoins que bien qu'il soit improbable que les accusés puissent un jour honorer la sentence, cette accusation devrait avoir le mérite de dissuader d'autres spammeurs. Ils s'efforceront par ailleurs d'obtenir tout ce qu'ils pourront, nous voilà rassurés !
















